CLIMAT : SANS MOBILISATION CITOYENNE, POINT DE SALUT !

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CLIMAT : SANS MOBILISATION CITOYENNE, POINT DE SALUT !

Nombre de citoyens, engagés à divers titres dans la société civile organisée, ressentent aujourd’hui l’ambiance, le « climat » (c’est le cas de le dire !) de la période comme quelque peu surréaliste, hors sol, « strange » comme disent les « djeuns »…

Sur la question première, au fond tragique, du dérèglement climatique, le sentiment s’impose, d’élites, au sens large, à côté de la plaque. Là où l’on attendrait que des voix fortes s’élèvent, que les responsables de tout poil expriment une parole de vérité, qu’ils disent sans ambages l’urgence climatique et appellent à la transition écologique la plus rapide possible, règne un étrange silence…

Car que nous disent, pour l’essentiel, les hommes de l’art, les scientifiques ? Que nous sommes sur une trajectoire catastrophique, qui nous amène directement à une hausse moyenne de la température de 4 ou 5° vers la fin du siècle par rapport à 1850 ; qu’on a une fenêtre de 4 ou 5 ans pour corriger le tir, après quoi il risque fort d’être trop tard et que nous avons toute chance de basculer dans le chaos planétaire.

A l’intention des dubitatifs, quelques points, dûment vérifiés, pour mémoire. Au-dessus de 3,5° de hausse, entre 40 et 70% de toutes (toutes !) les espèces vivantes, animales et végétales, pourraient disparaître (4ème rapport du GIEC, 2007). Selon le Programme des Nation Unies pour le Développement, 600 millions de personnes supplémentaires risquent de souffrir d’insécurité alimentaire (traduction vont crever de faim), surtout dans le Sud, d’ici à 2080, sous l’effet du changement climatique, tandis que, nous dit Action contre la faim, le taux de sous-alimentation en Afrique augmentera de 25 à 90% d’ici 2050. On imagine la pression aux frontières qui en résultera. Les inondations, ouragans, canicules et autres joyeusetés météorologiques vont progresser au même rythme que le mercure sur le thermomètre, avec leur cortège de morts et de méga-dégâts (75 milliards de dollars indemnisés par les assureurs pour le seul ouragan Katrina, aux USA !). Les guerres, pour l’accès à l’eau, aux terres encore fertiles, aux ressources rares (pétrole) ont toute chance de se multiplier, comme cela a toujours été le cas dans le passé. Etc. etc…

Bref, le scénario qui se profile, vers la fin du siècle, c’est un monde cousu de tensions insoutenables, pris en tenaille entre des ressources qui se réduisent, les prix des denrées alimentaires qui grimpent et des catastrophes « naturelles » et sanitaires de plus en plus fréquentes. Un Titanic qui s’enfonce peu à peu dans le néant.

Face à cet avenir souriant, que disent les leaders d’opinion –chefs des églises, intellectuels réputés, politiques de toute tendance, têtes de proue des grands courants de pensée ? Sonnent-ils le tocsin, comme cela devrait être leur job ? A quelques exceptions près, (le pape François vient enfin de s’y mettre), point du tout ! Ils vaquent à leurs affaires habituelles, se taisent prudemment, gèrent leurs troupeaux respectifs – surtout ne pas affoler le bon peuple – et attendent vaillamment que le ciel leur tombe sur la tête.

Dans cette ambiance de désastre annoncé, où trouver alors une lueur d’espoir ? Pour les signataires de ce texte, elle est à chercher du côté d’une large mobilisation citoyenne, dernier rempart d’un monde vivable, comme l’explique Naomi Klein dans son dernier ouvrage. Cette mobilisation a commencé à se construire avec la Coalition Climat 21, la belle dynamique d’Alternatiba. Mais elle est encore loin d’avoir fait le plein de tout son potentiel militant.

Car, pour qu’un mouvement puissant bouscule les lobbies, encore faut-il que chacun d’entre nous rompe avec le déni multiforme, regarde bien en face les faits têtus ; souvent révise des schémas de pensée obsolètes ; s’attèle à transformer pas à pas ses pratiques quotidiennes de vie ; entreprenne ce qui est à sa portée pour œuvrer avec d’autres au Grand Virage… Bref, chers citoyens conscients et vaccinés, foin des hésitations, des doutes, des lassitudes : il y a le feu à la baraque, tout le monde sur le pont !

Dans le « Neuf Trois » déshérité, un groupe hardi, le Toxictour93, a pris les devants. Il propose des balades urbaines, à la découverte de sites de pollution, de production de gaz à effet de serre et des alternatives possibles. Il a emmené des groupes nombreux s’informer sur les Data Centers, sur le triangle de Gonesse, sur l’aéroport d’affaires du Bourget, sur des luttes environnementales oubliées. Le tout dernier  tour, qui a eu lieu Dimanche 28 juin, a été organisé à Saint-Denis dans le cadre de la fête « Lamaze, enlève tes bretelles… », qui réclame la couverture de l’autoroute A1. On y a parlé de la pollution atmosphérique – une des pires de France – qui infecte le site de la Porte de Paris, tandis que le parcours a prévu également un temps de sensibilisation des automobilistes…

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