Toxic Tours Detox du mois de Juin : samedi 20 et dimanche 28

Rendez-vous au mois de Juin pour deux rééditions du Toxic Tour Detox :

– le samedi 20 juin nous reviendrons sur les Luttes Eco-citoyennes à Saint-Denis, rendez-vous à 10 h, gare  de Saint-Denis (SNCF, rer D et tram 1),  sortie Place des Confluences vers L’île-Saint-Denis . Trois sujets sont abordés dans ce tour :

1- La consommation de viande et ses conséquences à partir du combat mené au début des années 2000 contre la présence de l’usine de traitement des os de viande de la Saria, près de la gare de Saint-Denis.

2- Les transports publics à partir de la mobilisation des habitant-e-s/élu-e-s pour l’insertion du tramway T1 et la sauvegarde du plus vieux pont de la Seine-Saint-Denis sans faire plus de place à la voiture.

3- Le logement, passoire énergétique pour les habitant-e-s, souvent les plus populaires, et, à l’autre bout de la chaîne, fortement émetteur de gaz à effet de serre, au niveau global. Visite d’une cité tout récemment rénovée avec un gain immédiat sur la facture des gens… et pour la planète !

– le dimanche 28 juin, le Toxic Tour Detox sera présent sur la bretelle d’autoroute Lamaze à l’occasion de l’événement « Lamaze, enlève tes bretelles ! » Un Toxic Tour Detox partira à 15h de la Bretelle Lamaze (Tram T1, Hôpital Delafontaine). Il portera sur l’autoroute A1.

L’autoroute A1 traverse de part en part la ville de Saint-Denis. D’après les études des deux associations de Saint-Denis militant pour son enfouissement, le comité Porte de Paris et le collectif Lamaze, un tiers de la population et des salariés de la ville est concernée : 200 000 véhicules passent chaque jour sur l’A1, engendrant pollution chimique (principalement aux particules fines), pollution sonore et insécurité pour les piétons. Deux jours sur trois, d’après les mesures de l’air réalisées par la station d’Airparif à la porte de Paris, le seuil de pollution autorisé par l’Union européenne est dépassé, ce qui fait de ce territoire l’un des plus pollués de France !

A l’occasion de l’évènement « Lamaze enlève tes bretelles » nous vous convions à un deuxième tour sur l’autoroute A1, organisé en partenariat avec la ville de Saint-Denis. Le parcours passera par le jardin partagé du quartier Joliot-Curie. Les photos et dessins des enfants sur l’environnement seront présentés à cette occasion.

Pour terminer, une action surprise de sensibilisation envers les automobilistes sera réalisée !

À propos de l’événement Lamaze, enlève tes bretelles : http://saintdenis-nordest.fr/fete-lamaze/

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EUROPA-CITY OU LES DELIRES MERCANTILES DE LA GRANDE DISTRIB’ / TOXIC TOUR DU 30 MAI 2015

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Avez-vous entendu causer du Triangle de Gonesse, du trafic aérien qui le survole et du centre mégalo-commercial que le groupe Auchan veut y implanter, avec la bénédiction de l’Etat? Ouvrez l’oreille, ce n’est pas triste…

 

C’était le sujet du Toxic-tour du samedi 30 mai, suivi par une quarantaine de courageux climatophiles, qui avaient réussi l’exploit de franchir le périph’ – une frontière majeure pour les parisiens !– et en plus de s’aventurer jusqu’à la station Villepinte Parc des expos du RER B, perdue en plein no man’s land de grande banlieue.

Première étape, le centre commercial Paris Nord 2, où sévissent une flopée de grandes enseignes dont Ikéa, Castorama, Décathlon, un Usine Center, etc. Ce centre, explique Bernard Loup, du Collectif pour le Triangle de Gonesse, est une aberration en termes d’urbanisme : construit dans une zone d’activités éloignée du centre de Gonesse, drainant un flux important de ses habitants, il engendre une « ville éclatée », qui a perdu dans l’opération son unité, sa cohérence. De plus, la concurrence tue les commerces de proximité du centre ville, devenu un désert, avec un bilan très négatif en termes d’emploi dans le secteur commercial. Sur le plan écologique, la localisation entraîne un usage intensif de la bagnole (chacun a pu s’effarer devant les vastes parkings bourrés), reine absolue de ce type d’équipement, pour le plus grand bien du climat, comme on sait !

Le Tour enjambe une passerelle, au-dessus de l’autoroute A1 et d’un coup, le décor bascule : nous voilà en plein champ, au milieu des blés.  Là s’étendent les 1000 ha du Triangle de Gonesse, qui sont parmi les plus riches terres d’Europe, selon l’INRA. Sur 300 ha de cet espace, indique Irène, secrétaire du Collectif, le groupe Auchan veut implanter un nouveau centre commercial, Europa City, qui accueillerait 500 boutiques de grand luxe et revendique un nouveau concept autour de la culture et les loisirs : en plus du lèche-vitrine, il comprendrait un cirque, un parc aquatique, une piste de ski, ouverte 7 jours sur 7 ( !), des hôtels. « Il s’agit, nous dit Irène, d’attirer 30 millions de touristes annuels qui vivraient quelques jours sur le site et ainsi de concurrencer le triangle d’Or de Paris… »L’ensemble, auquel s’ajoute un projet de golf de 90 ha, créerait 11 500 emplois, selon Auchan. En contrepartie, le groupe réclame que l’Etat investisse 2 milliards d’euros pour aménager les accès, dont une gare à construire en plein champ.

Première remarque, il y a toute chance pour que les 11.500 emplois ne se rajoutent pas à ceux existant déjà dans le secteur, mais les « siphonnent » à la concurrence. Car il existe déjà trois grands centres commerciaux à proximité – O Paris Nord, 300 boutiques et 2700 emplois ; Paris Nord 2, qu’on vient de visiter ; et Aéroville, sur l’aéroport de Roissy (1500 emplois). Même si le flux de touristes débarquant de Roissy s’accroît, Europa City va ponctionner la clientèle de ces centres, qui licencieront en proportion. En outre, le profil des candidats qui convient à Auchan – parler 2 ou 3 langues étrangères –ne colle pas avec celui des habitants du coin. Ainsi à Gonesse 31 % des résidents n’ont aucun diplôme.

Surtout, comme le disait Alain Lennuyeux, président du Collectif pour le Triangle de Gonesse, lors du Tour précédent, au Bourget, « bétonner des terres agricoles toutes proches de Paris est aujourd’hui un anachronisme, une folie ! L’autonomie alimentaire de l’Ile de France est inférieure à 10%. Et dans les années qui viennent, nous ne pourrons plus faire venir les fruits et légumes de l’autre bout de l’Europe, voire du monde, il faudra bien se nourrir « local ». Aussi cherchons-nous à engager, avec les agriculteurs du Triangle, pour l’instant céréaliers, la transition vers le maraîchage, la culture des légumes ».

Pendant que de tels projets hypothèquent l’avenir, les habitants de la région subissent les nuisances dues aux deux aéroports – le Triangle de Gonesse est limité au Nord par Roissy et au sud par Le Bourget. Le vacarme des avions, raconte Françoise, de l’association Advocnar, provoque des insomnies ou, même si la personne ne se réveille pas, des stress dangereux pour la santé. Il existe des plans de protection, mais dont l’effectivité est minime, car les élus locaux, fascinés par la modernité que symbolise l’aviation et espérant des retombées en termes d’emploi, se refusent à encadrer strictement les vols.

Plus grave encore, l’aviation ne contribue en rien, actuellement, à la lutte contre le dérèglement climatique. Elle produit pourtant 5% des gaz à effet de serre (GES) émis dans le monde, précise Françoise, soit le volume total des GES généré par l’Allemagne. Mais elle est, de fait, exclue des discussions autour de la COP 21. Et – scandale à peine croyable – le kérosène est exonéré de toute taxe depuis 1944, tandis que les billets internationaux n’acquittent aucune TVA et que les nationaux bénéficient d’un taux réduit (7%). Ceci datant de l’époque de l’après-guerre, où les pouvoirs publics souhaitaient développer le transport aérien…

Bref, les logiques cumulées de la concurrence féroce entre compagnies, de l’inertie bureaucratique et des traitements de faveur acquis se conjuguent pour détruire le climat. Il est vrai que ce bien commun n’a pour l’instant, pas de coût…

Bernard Boudet

 

Toxic tour du samedi 30 mai 2015 : Triangle de Gonesse / Aéroports de Roissy et du Bourget

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Le prochain Toxic Tour aura lieu le samedi 30 mai 2015, sur le thème Triangle de Gonesse  / aéroports de Roissy et du Bourget.

Le rendez vous est à 11h00 à la station RER Parc des Expositions (Ligne B)

Notre balade, avec nos amis du Val d’Oise, nous mènera d’abord au centre commercial Paris Nord 2. Puis, en enjambant l’autoroute A 1, nous nous rendrons, entre les aéroports de Roissy et du Bourget,  sur les terres agricoles du Triangle de Gonesse, parmi les plus riches d’ Europe, dont l’avenir est menacé par  le projet de centre commercial et de loisir EuropaCity, présenté comme la plus importante “destination de temps libre et de loisirs en Europe”.

Nous envisagerons les conséquences de ce projet en termes d’emploi et de disparition des terres cultivables. Nous échangerons sur le développement prévu du trafic aérien, ses impacts en termes de pollution sonore et atmosphérique, ainsi que sur le climat, notre bien commun.

N’ oubliez pas d’ apporter un pique-nique.

Le retour se fera vers la  Station RER B Parc des Expositions.

Venez nombreux!

 

COP21 en chantier : Ça chauffe !

Nous étions à la Maisons des Métallos le 27 janvier 2015 pour une conférence/débat avec Valérie Masson-Delmotte. Notre résumé :

 

Après une brève présentation de Christophe Bonneuil, directeur de la collection l’Anthropocène aux éditions du Seuil, Valérie Masson-Delmotte, climatologue au laboratoire du CEA de Gif sur Yvette et membre du GIEC (Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat) rappelle l’importance du climat, qui historiquement a conditionné l’évolution de toutes les sociétés humaines.

Le GIEC, nous explique-t-elle, se charge de synthétiser les apports des chercheurs (1000 en France et 20.000 dans le monde) travaillant sur le climat. A partir du traitement des données relatives aux mesures effectuées, il construit, en s’appuyant sur des modèles mathématiques, des scenarii d’évolution possible.

Pour réaliser cette synthèse, tâche difficile s’il en est, le GIEC fait appel à des scientifiques volontaires, dont les compétences sont complémentaires. Leurs contributions sont ensuite relues par d’autres scientifiques.

Le rapport complet pour 2013 est de 1000 pages environ, recueillant 9.200 publications de 259 auteurs. Mille autres scientifiques se sont chargés de la relecture critique. Le rapport contient 14 chapitres, complétés par des atlas et des cartes. Un résumé technique de 100 pages ainsi qu’un résumé pour les décideurs de 20 pages ont également été publiés.

 

Sans équivoque possible, le réchauffement climatique est constaté de façon globale mais inégale suivant les aires géographiques.

Par exemple, ce réchauffement est nettement plus accentué autour de l’Arctique, comme au dessus des zones continentales (à cause de la présence plus importante de vapeur d’eau dans l’atmosphère). On constate ainsi, comme dans les Andes péruviennes, une réduction des zones enneigées et une fonte des glaciers. En revanche, dans l’Antarctique la banquise s’étend. La destruction de la couche d’ozone au-dessus de ce continent entraîne des résultats plus contrastés et complexes suivant les régions du continent.

 

En un siècle, les eaux ont monté de 20 cm

Dans les océans, le réchauffement des eaux entraîne une réduction de la banquise et un gonflement de la masse des eaux. Cette montée des eaux a été en moyenne de 2 mm par an dans la première moitié du XXe siècle, et de 3 mm par an depuis 1950. Depuis 100 ans, la montée des eaux a atteint 20 cm et, en extrapolant, on peut estimer qu’elle s’établira à 30 cm pour le siècle à venir.

S’agissant de la température moyenne à la surface du globe, celle-ci était stable jusqu’à la fin du XIXe siècle. Au cours du XXe siècle, cette température à commencé à augmenter, et ce de façon plus nette encore depuis les années 1960. Ainsi, entre 1970 et 2010, chacune des décennies successives a été la période la plus chaude depuis 1400 ans.

Le réchauffement des océans en profondeur se poursuit sans interruption depuis 40 ans. A ce propos, il faut garder présent à l’esprit que les océans amortissent, certes, les effets du réchauffement, mais cèdent par la suite de la chaleur à l’atmosphère. Ceci contribue à prolonger notablement les effets du réchauffement.

Par ailleurs, en raison du changement climatique la probabilité dé connaître des étés frais diminue et celle d’avoir des étés chauds augmente.

 

Le CO2, un déchet à longue durée de vie

Ce réchauffement aura, de plus, un effet sur la disponibilité en eau, ressource cruciale. Sous nos latitudes, et notamment en France, on s’attend à une augmentation des pluies d’hiver dans la moitié nord du pays et à une diminution de la pluviosité l’été dans tout le pays. Le cumul des précipitations risque d’être plus important, alors que la sécheresse augmentera probablement en intensité sur le pourtour méditerranéen, de même que sous les tropiques. Par ailleurs, en zone équatoriale les pluies risquent d’augmenter. Ceci ne manquera pas d’avoir un impact sur les rendements agricoles, notamment dans des aires densément peuplées ; il sera d’autant plus important sur les populations les plus pauvres, plus vulnérables par définition.

Les relevés (carottages) témoignent de l’accroissement récent de la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre, dont les principaux sont le CO2 et le méthane (CH4). Cette augmentation, en ce qui concerne le CO2, s’est accélérée sur les 10 dernières années et est due, dans cette période, pour les 9/10eme à l’utilisation d’énergies fossiles et 1/10eme à la déforestation. Les océans stockent du CO2 et s’acidifient avec un impact certain sur les écosystèmes marins. Il faut savoir, en outre, que le gaz carbonique est un déchet à longue durée de vie, qui sera encore actif dans un millier d’années. Ainsi, de plus en plus d’énergie se trouve piégée à la surface du globe.

Tout ceci entraînera inéluctablement un effet d’inertie même en cas d’arrêt des émissions de CO2 et une persistance des conséquences du réchauffement. Il découle de ce qui précède que les résultats des actions éventuellement entreprises actuellement ne se feront pas sentir avant 2040-2050. A titre d’exemple, la montée du niveau des mers va continuer à raison de 30 à 40 cm en un siècle, même en cas de maîtrise du réchauffement, et de 60 cm à un mètre dans un scénario où rien ne serait entrepris pour limiter le réchauffement (« business as usual »).

La température moyenne à la surface de la terre est fonction de plusieurs facteurs :

  • Naturels comme l’activité du soleil, le volcanisme, le phénomène El Niño
  • Dérivant de l’activité de l’homme : ce sont ces derniers qui ont joué un rôle prépondérant depuis 1950.

 

Les négociations de la COP 21 

Le document de 20 pages édité par le GIEC à l’attention des décideurs a été visé et approuvé mot à mot par les représentants des gouvernements concernés et notamment par ceux des pays producteurs de pétrole ou d’énergie fossile comme l’Arabie Saoudite, les USA et la Russie, ou de pays émergents tels que l’Inde ou la Chine.

A l’inverse de ce qui s’était passé lors de la conférence de Kyoto, où seuls les pays riches étaient présents (certains d’entre eux, tels le Japon ou le Canada, n’ayant d’ailleurs pas respecté le protocole), à la COP 21, la présence des derniers pays émergents ou du Sud, jouera un rôle déterminant. Si les pays riches ne fournissent pas un effort sensible visant à la réduction des gaz à effet de serre, la conférence risque d’aller à l’échec.

 

Qu’en est-il du climato-scepticisme ?

En réponse à une question de la salle, Valérie Masson-Delmotte précise que, s’il apparaît de plus en plus difficile d’avancer des arguments scientifiques convaincants en faveur du climato-scepticisme, ce dernier tend à devenir actuellement, aux Etats Unis, un trait de l’identité politique des Républicains conservateurs, et donc à se situer au-delà (ou en deçà) de toute argumentation rationnelle, dans le registre de la croyance, tout comme la négation de l’évolution des espèces.

 

Site du Giec : http://www.ipcc.ch/home_languages_main_french.shtml

Site qui recense les think tanks climato-sceptiques (en anglais) : http://www.desmogblog.com

Prochaines dates pour retrouver le collectif Toxic Tour Detox :

– Toxic Tours de l’aéroport du Bourget : 19 avril et 31 mai.

– Débat avec Naomi Klein à l’université Paris 8 : mardi 31 mars à 12h30.

– Soirée de présentation du mouvement international des Toxic Tours et de son histoire, en présence de militant-es franciliens et marseillais-es à la Maison des Métallos, 94 rue Jean-Pierre Timbaud, à Paris : lundi 20 avril à 19h.

– Soirée de rencontre et de discussion sur agir pour le climat en banlieues au café Le Grand Bouillon, à Aubervilliers, le jeudi 30 avril vers 19h.